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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 02:12

la guerre de 1870 en Moselle

 

 

 

Le berceau de la famille Cordier se situe à Boulay-Moselle où notre patriarche Jean Cordier est né vers 1650 à Volmerange les Boulay.

A Boulay ce 19 juillet 1870, Joseph Cordier âgé de 79 ans, est triste, son épouse Marie Anne Bettinger est décédée depuis le 1er janvier, et, il repense à ce mardi 11 juillet 1820 où il prend pour épouse la jeune Marie Anne, ils avaient chacun 28 ans, fille d'un drapier, elle descendait de vieilles familles boulageoises. Joseph avait travaillé à la « fabrique » un atelier fabricant de chapeaux, installée dans l'ancien hôtel de ville, la Halles. Et lorsque la loi de 1829 instaura  la distribution et la collecte du courrier dans toutes les communes rurales, il devint alors facteur rural.

Joseph avait eu quatre fils :

André était décédé à l'âge de deux ans,

Joseph l'aîné a 49 ans, il a trois enfants.

Jean-Nicolas notre ancêtre a 46 ans, il a six enfants.

Nicolas a 43 ans il a eu onze enfants, cinq sont encore vivant en ce mois de juillet 1870.

Le 25 juillet 1870, le III° corps d'armée française vient camper à Boulay sous les ordres du Maréchal Bazaine qui y établit son quartier général, ce séjour fût de courte durée, Bazaine se rendait à St Avold, ne laissant à Boulay que l'artillerie de réserve et la division de cavalerie jusqu'au 31 juillet.

Il faut avoir vu ces figures noircies par le soleil, sales de la poussiére de la route, se réveiller et ces yeux lancer des éclairs quand arrive sur la place de Boulay, la fanfare du 11éme bataillon de chasseurs qui entonne avec éclat la Marseillaise.

 

Le 4 août la Garde Française bivouaque aux étangs à Volmerange et se replie sur Metz le 5. Bazaine rencontre l'empereur à Boulay le 4 août, le 6, le IV corps d'armée française de Bouzonville vint à Boulay pour préparer un regroupement pour se replier le 7 sur Metz.

Dans "son carnet de prisonnier de guerre" l'ancien voltigeur de la garde Meyret, note à la date du 4 août "nous partons demain pour Boulay". Le lendemain 5 août, la vision des troupes rassemblées lui inspire ces lignes: "Nous voici à Volmerange...quel splendide spectacle que cette armée rassemblée dans ces vallons qui que couronnent des vergers, des bouquets de bois, à perte de vue des tentes, des masses de cheveaux au piquet, des pièces de canon alignées au cordeau, et cette rumeur immense qui ressemble à la respiration d'un géant endormi / Les gaies sonneries des trompettes de cavalerie dominent les batteries des tambours ou le grave clairon de nos fantassins; les chevaux hénissent, les hommes sont gais, vifs et pétulants autour des cuisines de campagne dont on voit les fumées au loin; on dirait une revue à longchamp, à cette seule différence qu'ily a ici 81 000 hommes qui vont se heurter à 300 000, peut-être davantage"

le lendemain, Meyret note seulement : " 6 août. Nous partons à la hâte, le camp est levé en un clin d'oeil."

Jusqu'au 6 août, la Lorraine messine et la région de Boulay, en particulier, ont connu une trés vive activité militaire, avec la formation et la concentration des armées, avec les mouvements qui d'étapes en étapes devaient les conduire vers l'Est. Si la frontiére allemande a étè approchée dans cette zone, elle n'a pas ou pratiquement pas été franchie et les actions de guerre ont été limitées à de bréves escarmouches, qui n'ont mis en présence que de modestes détachements.

Le 6 aoùt, les allemands livent bataille à l'armée de Mac Mahon, qui subit une lourde défaite à Froeschwiller. L'Alsace est perdue. Dans le même temps l'armée française subit un grave revers: le général Frossard est battu à Forbach. La situation est à ce point grave que les responsables militaires doivent se résoudre à battre en retraite.

Le 7 août, , la 7éme Division de Cissey basée à Téterchen, fait marche arrière sur Boulay avec le 2éme hussard. Les tentes sont déployées, les bagages déchargés et l'abreuvoir ordonné pour les cheveaux. Le bivouac de la veille établi loin des cours d'eau n'avait pas permis de les faire boire suffisament. Malheureusement la sécheresse qui règne depuis l'entrée en campagne est telle que le petit cours d'eau qui passe à Boulay est complétement vide et tari. Les abreuvoirs publics et privés sont mis en réquisition et l'opération commencée à quatre de l'aprés midi n'est terminée qu'à sept heures et demi du soir.

Le 8 août au matin, un groupe d'Uhlans prussiens parut à Boulay et repart aussitôt.

Le 9 août un détachement plus important se présente, l'arrière garde française est rappelée en toute hâte de Condé et des Etangs. Combat dans Boulay entre un détachement français du 2éme hussard de 30 à 40 cavaliers et les cavaliers Uhlans prussiens au corps à corps au sabre et à la lance, les chefs des deux groupes sont tués et reposent au même cimetière de Boulay.

Le10 août un escadron du 2éme hussard est appelé à fournir une reconnaissance avec ordre de "fouiller Boulay" , cet escadron constate que l'ennemi occupe ce village et y a fait prisonniers les quatre blessés français et les habitants de Boulay qui voulaient les ramener à Metz.

 

Nos anciens s'étaient cachés ou avaient évacué les familles ?

 

 

Le 11 août, c'est le 5°régiment de Uhlans qui pousse jusqu'à Condé et arrive aux Etangs le 12 à cinq heures du matin.

Le 12 août, le VII° corps d'armée Prussien arrive à Boulay sous les ordres du Général Von Alvensleben, puis se dirige vers Metz, via les Etangs.

Le 14 août, l'Alsace et la Lorraine sont au pouvoir de l'ennemi.

Un camp de prisonniers créé aux environs d'Ottonville donnera ‘l'occasion au Boulageois de faire preuve de dévouement et de zèle patriotique en donnant à manger, à boire et des vêtements aux prisonniers qui n'avaient pour toute nourriture que du pain bis et du café noir et pour vêtements, des uniformes déguenillés, saturés de pluie, de sueur et de vermines couchant sur le sol détrempé par les pluies diluviennes.

Pendant six mois les enfants étaient dans les rues, au milieu des soldats et de mille autres dangers. Il était temps de les faire rentrer à l'école, on appropria à la hâte les salles de classe et les enfants rentrèrent le 20 janvier 1871.

 

Le 10 mai 1871, par le traité de Francfort, la France cède à l'Allemagne le quart de la terre lorraine et la moitié de ses hauts fourneaux.

Les sujets français, originaires des territoires cédés, domiciliés actuellement sur ce territoire, qui entendront conserver la nationalité française, jouiront, jusqu'au 1er octobre 1872, et moyennant une déclaration préalable faite à l'autorité compétente, de la faculté de transporter leur domicile en France et de s'y fixer, sans que ce droit puisse être altéré par les lois sur le service militaire, auquel cas la qualité de citoyen français leur sera maintenue. Ils seront libres de conserver leurs immeubles situés sur le territoire réuni à l'Allemagne. Aucun habitant des territoires cédés ne pourra être poursuivi, inquiété ou recherché, dans sa personne ou dans ses biens, à raison de ses actes politiques ou militaires pendant la guerre,

Ce sera les optant dont la démarche va séparer les familles et engendrer de vrais cas de conscience entre le fait de rester français et d'abandonner son village, ses amis, ses parents quelquefois. Mais à ce moment là, beaucoup avaient déjà pris leur décision et quitté la Moselle annexée.

La veille Joseph avait réuni tous les siens dans sa petite maison du 124 de la rue de Saint-Avold à Boulay, ses sept frères et sœurs étaient décédés, il interrogea un à un ses enfants, Joseph, Jean-Nicolas et Nicolas, tous trois bien décidés à ne pas servir le « prussien », décident d'opter pour la France et de s'installer pas très loin de la nouvelle frontière, pour être prêt pour le retour qu'ils pensent rapide.

Joseph, sait lui, qu'avec son âge, il ne reverra jamais la terre de ses ancêtres qui reposent si nombreux dans le petit cimetière sur la hauteur de l'église et surtout qu'il n'ira plus chaque semaine se recueillir sur la tombe de sa Marie-Anne qu'il avait tant aimé et avec qui il avait partagé les bons et les mauvais moments. Il y avait eu la naissance de leur premier enfant Joseph en 1821 quelques semaines après la mort de Napoléon sur son île, ensuite en 36 il y avait eu la mort du benjamin, leur petit André qui était alors âgé d'à peine vingt trois mois.

Sa décision était prise c'est avec son fils Nicolas qu'il irait s'installer à Blénod-Lès-Pont-A-Mousson, à une dizaine de kilomètres de la nouvelle frontière, pour sentir sur son visage, ce vent du nord qui vient du pays.

Nicolas s'installe donc comme boulanger à Blénod les Pont à Mousson, le travail ne manque pas car les réfugiés sont nombreux à s'installer au plus proche du pays. Joseph fils de Nicolas sera aussi boulanger et, c'est dans cette boulangerie que Gabriel Cordier, notre grand père, fera son apprentissage de boulanger pâtissier, il couchait dans une caisse en bois, et l'épouse de Joseph benjamin s'exclamait « Monsieur Cordier, vos commis, font le théâtre ! » lorsque ces derniers se distrayaient. Leur fils Jean Nicolas était encore appelé en mosellan « Hanz Necklé » ce qui rappelait bien les origines de ces boulangers.

 

C'est à Nancy, que Joseph l'aîné va s'installer comme charcutier avec sa famille, lorsque notre grand père Gabriel, effectuera son service militaire au 79° Régiment d'Infanterie à Nancy en 1901, il donnera la main à la charcuterie.

 

Jean Nicolas, le grand père de Gabriel, nos aïeux directs, s'installe lui aussi à proximité de la frontière, à Thiaucourt avec ses six enfants : Virginie, Emile, Edmond Joseph, Nicolas Julien, Marie Mathilde et Eugène.

C'est dans l'épicerie que Jean Nicolas et ses fils Emile et Nicolas Julien vont se développer sur Thiaucourt.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Jean Paul - dans Militaires et guerres
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commentaires

Martine VALCY 25/10/2010 09:54



Merci beaucoup pour l'histoire de Boulay durant la guerre de 1870 - Ma grand mère Louise Gronsfeld nous racontait enfants ce que ses grands parents avaient subi durant la guerre de 1870 à Boulay
(famille Gronsfeld-Thomas) - Cela paraissait tellement horrible que je préférai m'endormir avant - Je le regrette aujourd'hui car je ne me souviens plus de cette histoire et ma soeur non plus,
elle qui l'écoutait attentivement !!!


Cordialement


Martine Valcy